On ne doit pas confier la correction
d’un texte à n’importe qui!

Si corriger un texte peut sembler, à première vue, une tâche facile et qui peut s’effectuer rapidement, la plupart du temps il n’en est rien. Rares, en effet, sont les textes qui ne nécessitent que quelques arrangements ortographiques! La plupart, au contraire, requièrent divers remaniements syntaxiques. Et, qui dit refaire la syntaxe de la phrase dit reconstruire un texte, replacer les idées et les mots dans un ordre légèrement différent et plus approprié. Certains textes doivent de la sorte être presque refaits en entier, même si, à l’origine, ils ne semblaient pas comporter trop d’erreurs. Lorsque l’on commence à jouer avec l’agencement des membres de phrases et des idées, on se doit souvent de retoucher et de modifier ici et là, puisque changer un simple terme entraîne souvent d’autres modifications ailleurs dans le texte, si ce terme y a déjà été employé. Nous nous retrouvons alors face à un véritable chantier de démolition et de reconstruction, un casse-tête où chaque pièce doit être remise à sa place! Et, afin de respecter la pensée de l’auteur ou de l’auteure, c’est véritablement un nouvel équilibre au texte qu’il faut mettre en forme. Sans compter que souvent l’ordre des idées lui-même n’est pas toujours le bon dès le départ. Corriger un texte n’est donc pas toujours chose aussi facile qu’on serait portés à le croire! Il est particulièrement difficile de retoucher un écrit qui a été conçu par une personne dont la langue d’origine est autre que celle dans laquelle elle a écrit le texte. À force de lire et de relire, le correcteur en vient facilement à épouser et à employer inconsciemment sa façon de penser erronée ou inappropriée pour le texte qu’elle a composé et à ne plus voir les erreurs qu’une telle façon fautive de s’exprimer entraîne et qui pourtant est des plus évidentes! Différentes techniques doivent alors être employées par un correcteur consciencieux. Celui-ci peut ainsi délaisser pendant quelques heures le texte en question pour y revenir par la suite. C’est simple, on en en arrive à ne plus voir les fautes de l’autre, et qui pourtant sautent aux yeux!

D’ailleurs, souvent les gens s’imaginent qu’il n’existe aucune limite à corriger les fautes de vocabulaire ou de syntaxe. Or, il n’en est rien! Chaque texte fait face à une logique qui lui est propre, c’est-à-dire que si l’on peut le remanier jusqu’à un certain point, les exigences des idées qu’il contient constituent le plus souvent une barrière qui fait que l’on ne peut aller au-delà d’un certain point. Il est difficile de transformer un camion jusqu’à en faire une véritable automobile! Souvent, à cause de cela certaines parties entières d’un texte doivent être complètement reprises et reformulées. De plus, chaque personne possède son propre style, et celui-ci doit absolument être respecté par le correcteur. De la même manière que les romanciers constatent que leurs personnages, ayant chacun leur logique propre, les dirigent obligatoirement vers un certain aboutissement, un texte impose donc au correcteur le plus compétent certaines limites. Limites au-delà desquelles il faut tout jeter par terre et recommencer à nouveau!

Heureusement, la plupart des textes ne vont pas jusqu’à cette extrême limite, et un habile correcteur peut d’habitude les mettre en relief aisément et leur rendre leur pleine signification. Car, il ne faut pas oublier que même la meilleure idée mal présentée perd presque toute sa valeur, alors que la même formulée convenablement possède un très grand pouvoir de persuasion. Les récentes recherches démontrent que, de la même manière que l’idée forme la langue, celle-ci contribue à la formation de l’idéation même. Il en est ainsi pour la forme et pour le fond, qui, contrairement à ce que l’on est porté à croire, ne constituent pas véritablement deux choses séparées comme un cadeau et son emballage, mais contribuent également à la formulation de l’idée. De bonnes idées doivent indiscutablement être bien énoncées, et il vaut parfois la peine d’investir pour cela temps, efforts et… quelques sous!

Un bon correcteur se doit de :

Corriger l’ortographe

Corriger la syntaxe

Conserver le sens du texte

Ne pas ajouter ni enlever d’idées

Rester le plus près du sens original

Rendre compréhensible toute idée mal exprimée

Choisir les termes appropriés et exacts

Ne pas utiliser d’anglicisme, etc.

Respecter le style et l’intention de l’auteur


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